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Zen quotidien

Hommage à Sensei, Maître Deshimaru ( 29/11/1914 – 30/04/1982 )

Maître Deshimaru est passé sur l’autre rive le 30 avril 1982. L’an dernier au Temple zen de La Gendronnière, nous nous étions rassemblés pour lui rendre hommage et célébrer le 40ème anniversaire de sa disparition. Comme d’autres moines et nonnes, j’ai été invitée à témoigner, sous l’angle de la perpétuation de la mission du maître au XXIème siècle.

Voici le texte de mon intervention, remplie d’une infinie gratitude !

MERCI SENSEI !

J’ai connu Sensei dans les yeux de ses anciens disciples. J’ai connu Sensei à travers leurs mots, leurs anecdotes, leur tendresse et leur immense admiration.

Le Sensei que j’ai reçu en héritage est un moine hors du commun, d’une énergie folle et d’une confiance sans faille.

Quand j’ai débuté le zen à La Gendronnière en l’an 2000, son souvenir était vivace, comme s’il venait juste de disparaître. Et le temps a passé. Le temps a passé et la figure tutélaire, le modèle absolu, a laissé une empreinte plus douce, autorisant sans doute ses disciples, et la génération suivante, à déployer leurs ailes.

C’est dans cette ouverture que je me suis glissée. Pour rendre hommage à Sensei, j’ai pris deux chemins : celui de la communication, tout d’abord. J’ai écrit des livres sur la pratique et animé des ateliers de zazen en Chine, au Brésil, en Colombie au Mexique et dans de nombreux pays d’Europe. Je me suis aussi lancée dans l’aventure des réseaux sociaux et des médias contemporains pour toucher davantage de monde. Et ai mis ces outils au service de la sangha.

Et puis, il y a quelques années, j’ai eu un choc : celui de l’urgence écologique. Comment continuer à vivre une vie paisible de nonne avec en filigrane l’extinction des espèces, les réfugiés climatiques, la sur-consommation, l’exploitation animale et l’aveuglement quasi-général. Devant cette situation inédite et sans retour, j’ai commencé par déprimer. Longuement. Et puis, une question a surgit de façon lancinante : de quel type d’être humain la Terre a-t-elle besoin ? Ou pour être plus précise : comment faire du non-soi, d’un rapport distancié avec les pensées, le nouveau paradigme de notre futur commun ?

Il n’y a pas de réponse unique.

Mais l’exemple de Sensei et sa confiance inouie m’ont redonné de l’énergie.

Avec un collectif de personnes, j’ai fondé en 2019 la ferme monastique Kibo, sur un domaine de 15 hectares. Il y a 20 places d’hébergement et nous y pratiquons le zen soto, avec les moines et nonnes du monastère Ryumonji, qui est situé à 300 mètres de la Ferme Kibo. Nous souhaitons nous appuyer sur une pratique spirituelle millénaire pour guider nos actions : permaculture, autonomie alimentaire et énergétique, accueil d’animaux âgés ou sauvés des abattoirs sont quelques-unes de nos orientations. En vivant dans la sobriété, nous cherchons à préserver la Terre et réduire notre empreinte sur la Nature. L’an dernier le collectif Kibo a planté 300 arbres et arbustes dans la création d’un jardin-forêt et sauvé de l’abattoir un jeune cheval de trait pour remplacer le tracteur et les énergies fossiles. Le Kibo est ouvert aux bouddhistes ou non bouddhistes et permet de tisser un lien avec les habitants de la région. Beaucoup viennent pour des journées de bénévolat et sont touchés par le son du bois, du tambour ou les chants du zen qui rythment nos journées.

Kibo signifie l’espoir en japonais, et je fais ce vœu – rempli d’espoir – pour les années qui viennent : que l’être humain trouve un autre rapport aux pensées grâce à la pratique de zazen.

Découvrir le site de l’Association Zen Internationale : www.zen-azi.org

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